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dimanche, 06 janvier 2008

Message des familles de Charm El Cheikh

3 janvier 2008 : Cimetière du Père Lachaise

« C’était exactement, il y a 4 ans : Nos familles viennent de  passer des moments de fêtes très agréables dans la douceur de cette partie sud de l’Egypte entourée de noms évocateurs : Mer rouge, Mont Sinaï, … Au milieu de la nuit du 2 au 3, il faut quitter sa chambre d’hôtel, partir pour l’aéroport. Il faut bien songer au retour vers la France : Retour vers le travail, l’école ou tout simplement sa maison et sa famille. On pense aux personnes à qui on va souhaiter la bonne année, aux personnes que l’on va encourager… Toutes nos familles prennent  alors place dans cet avion maudit.

Où et comment les membres de nos familles s’installent à bord ?  Nous ne le saurons jamais. L’informatique de la compagnie qui gérait les emplacements aurait été en panne ce matin là. Au milieu de la nuit, le Boeing 737 de la compagnie Flash Airlines  roule vers le seuil de piste, nous pensons que beaucoup commencent à somnoler. Peut-être ceux qui sont prés des hublots regardent avec regret les lumières de la piste, la lueur de la ville ou le feu du phare de l’Ile du Tiran. 

 Puis les 2 réacteurs de ce B 737 rugissent. L’avion s’arrache de la piste 22 droite puis arrivé à une hauteur d’environ  300 m commence à s’incliner à gauche coté mer rouge pour prendre de l’altitude par un virage continu vers la gauche, ceci afin de repasser à la verticale de l’aéroport et passer ainsi confortablement le relief du Sinaï, en  route vers le Caire puis Roissy. La manœuvre est habituelle pour ces pilotes qui fréquentent couramment cet aéroport.

C’est arrivé vers 1000 m, que le mystère de ce vol commence : l’avion arrête son virage au cap 140 puis avec un fort cabré se met à partir sur la droite faiblement  puis de plus en plus rapidement. Les passagers situés près des hublots de gauche ne voient plus que le ciel, ceux situés à droite voient la bande de lumière générée par les hôtels situés sur le rivage monter de plus en plus vers le haut du hublot.

Puis l’avion incliné à plus de 90° réacteurs à pleine puissance pique sur la mer.

Il ne  sera repris en main de manière  musclée par l’équipage que trop tardivement,  subira des accélérations extrêmes. L’avion et les passagers pesant jusqu’à 4 fois leurs poids.

C’est avec tristesse que l’on  pense à l’effroi de nos familles durant ces 10 à 15 secondes. Il ne manquera hélas  que quelques centaines de mètres, soit quelques secondes pour se rétablir. L’avion touche la mer rouge à prés de 700km/h Le choc est épouvantable. Tout est pulvérisé… Puis sur la Mer Rouge c’est le silence : Un silence de mort… il est exactement  3heures 45 minutes  et 07 secondes, heure de Paris.

Le vol Flash Airlines 604 ne répondra plus jamais aux appels désespérés de la tour de contrôle.    Pour nous, les survivants en quelque sorte,  le calvaire commence. Après l’angoisse de l’attente du pire, entrecoupée de filets d’espoir, la terrible nouvelle arrive. La pire pour nous tous : Il n’y a aucun survivant. C’est pour chacun une histoire à part entière. Chacun sa terrible  histoire

Puis, passé le bouillonnement politique et  médiatique c’est pour chacun une page noire personnelle qui commence".

Association des familles de victimes de Sharm el Sheikh

 
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